par fernando » 24 Jan 2026, 11:19
Une rupture après Vigo pour le LOSC, très attendu sur le mercato et contre Strasbourg
À la tête d’un groupe qui ne répond plus totalement à ses attentes, groupe lui-même parfois agacé par son management, Bruno Genesio possède de réelles attentes sur le marché des transferts. Ce dernier sera un test pour sa direction, autant que les prochaines rencontres pour lui-même.
Qui aurait pu prévoir avec aplomb que le LOSC, qui avait enchaîné six victoires sur ses sept derniers matchs avant la trêve hivernale, allait vivre un début d’année 2026 aussi chaotique ? Ils étaient évidemment peu nombreux, très peu nombreux, même si le jeu déployé avait parfois déçu. C’est pourtant bel et bien le cas : quatre revers consécutifs viennent d’être enchaînés, dont un dernier à Vigo (2-1), ce jeudi, dans le cadre de la septième et avant-dernière journée de phase de ligue de la Ligue Europa.
Adhésion relative
Un tel résultat ne pouvait être à l’origine d’autres sentiments que la déception, la frustration, le désarroi, ou tout simplement la colère. Ce sont ces derniers que Bruno Genesio partageait lors de son passage en conférence de presse au coup de sifflet final. « Quand vous reproduisez les mêmes erreurs depuis quatre matchs, c’est que vous n’apprenez pas de vos erreurs. Et lorsqu’on n’apprend pas des erreurs, c’est un problème », avait-il pointé du doigt. Ce n’était pourtant pas faute d’avoir prévenu, puisqu’après de premiers manques individuels lors des réceptions du Stade Rennais (0-2) et de l’Olympique Lyonnais (1-2), puis encore à Paris (3-0) une semaine plus tard, la chose s’est répétée en Espagne.
Les maux ont ainsi été évoqués à plusieurs reprises, sans que le mal fait ne soit corrigé. Le discours tenu ne passe donc plus ? C’est une question légitime. Ce qui est certain, c’est que l’unité autour du projet mené par Bruno Genesio et son staff est bien moins solide qu’elle ne pouvait l’être, selon nos informations, un an auparavant. Son management et ses choix, à l’image par exemple de certaines mises au vert, ne sont plus tout à fait au goût du vestiaire, dont certaines personnalités s’agacent. La sérénité collective n’est pas au rendez-vous et, malgré le soutien continu des leaders du vestiaire, les sauts d’humeur sont fréquents et irritent.
Le repère Vigo
Les mots employés ce jeudi soir n’ont pas été anodins et les échanges internes ayant suivi, le LOSC a quitté la Galice vendredi après-midi, ont été animés. Leur contenu concerne un cercle fermé, mais ce qui est une certitude absolue, c’est qu’il y a eu et y aura un avant et un après Vigo, tel un véritable repère chronologique. Bruno Genesio va ainsi, sous l’étroite surveillance de sa direction, utiliser ses dernières cartouches pour tenter de redresser la barre et inverser la tendance. Certains statuts devraient en conséquence voler en éclat. Alexsandro, qui s’est pourtant fixé la Coupe du Monde avec le Brésil comme immense objectif l’été prochain, pourrait par exemple faire l’objet d’un déclassement.
Actuellement engagé sur sa pire série de résultats depuis septembre 2024, le LOSC de Bruno Genesio a néanmoins déjà prouvé par le passé qu’il était capable de relever la tête. À cette époque, ses hommes avaient enchaîné, dans la foulée après quatre revers consécutifs, avec une série d’invincibilité record de 21 matchs sans défaite toutes compétitions confondues. Tout peut toujours aller très vite dans le football, d’autant plus lorsque « rien » n’est encore perdu. Les Dogues sont toujours dans la course au podium en Ligue 1, autant qu’à une qualification en barrages en Ligue Europa. Seule la Coupe de France leur a, pour le moment, définitivement filé entre les doigts. Ce qui reste une vraie déception.
Un mercato d’hiver crucial
Il existe néanmoins une grande différence entre l’exercice précédent et celui actuellement disputé. L’effectif fait face à une cascade soudaine de blessures (Benjamin André, Nabil Bentaleb, Hamza Igamane, Osame Sahraoui) à des postes clefs, ce qui le freine considérablement dans sa progression et dans sa saine gestion. Olivier Giroud est par exemple contraint d’enchaîner les rencontres, ce qui n’était évidemment pas prévu en début de saison. Il est d’ailleurs devenu le 1er joueur français de l’histoire, ce jeudi, à inscrire un but en Coupe d’Europe à 39 ans, exploit symbolique qui souligne tout de même l’anormalité de la situation.
C’est ainsi logiquement que Bruno Genesio nourrit de réelles attentes en ce qui concerne le marché hivernal des transferts. Le recrutement d’un buteur pouvant endosser le rôle de titulaire indiscutable est attendu avec une certaine impatience. Par ailleurs, si le nom de Neal Maupay circule dans la presse, il ne s’agit pas d’une piste prioritaire pour le LOSC. En réalité, c’est son agent qui a offert les services de son buteur de 29 ans au club lillois.
En plus, le prêt d’un milieu offensif est à l’étude. Ce dernier servirait à pallier l’absence d’Osame Sahraoui, touché depuis plus d’un an et prochainement opéré du pubis, ainsi qu’à déjouer les pépins régulièrement contractés par Ethan Mbappé et, dans une moindre mesure, Matias Fernandez-Pardo. Cette limite physique les empêche de s’exprimer pleinement et de devenir de véritables leaders offensifs, statut qui ne peut coller à Félix Correia, en grandes difficultés ces dernières semaines, ou à Marius Broholm, volontaire mais encore dans une phase d’adaptation, tandis que cela semble être un fardeau trop lourd à porter pour le seul Hakon Haraldsson, qui enchaîne lui aussi les apparitions.
Alors qu’il ne reste plus que 9 jours de mercato, le recrutement de deux éléments peut apparaître comme un défi ambitieux pour le club, qui pourrait de nouveau trouver un compromis : recruter un buteur capable d’évoluer sur les côtés.
Evaluation à venir
Entraîneur et dirigeants sont désormais attendus, chacun sur leur terrain respectif. La réception du RC Strasbourg (dimanche, 20h45) en clôture de la dix-neuvième journée de Ligue 1 sera déjà un véritable test pour Bruno Genesio, et les leviers qu’il doit activer. Olivier Létang doit quant à lui dénicher les meilleurs éléments possibles sur le marché pour revitaliser un effectif en manque de solution en ce mois de janvier.
En attendant que le fil ne se déroule et que la suite de l’histoire de cette saison ne s’écrive pour le LOSC, une chose est quasiment actée en interne. Bruno Genesio, en fin de contrat en juin 2026, n’ira pas au-delà de son contrat et de sa deuxième année de fonction dans le Nord. Pas de place, cette fois, à un suspense à la Paulo Fonseca.
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